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jeudi 6 novembre 2025

Stéphane Bourgoin

En 1985, Stéphane Bourgoin devient co-fondateur de la Ligue d’improvisation du Centre universitaire Saint-Louis-Maillet - la LILOMA - à Edmundston (sous le sigle original de la LICUSML), puis quelques années plus tard de la ligue qu'on appelle aujourd'hui la LICUM (les deux fois avec Templier Marc Lebouthilier), et participe aux Coupes universitaires de 1988 à 1990 à titre d’arbitre en chef, soit pour le CUSLM, soit pour la LICUM, puis comme juge de salle jusqu’à 1994. Il sert aussi d’arbitre à plusieurs des premières Gougounes Dorées. Stéphane se soumet aux besoins de ces ligues, et devient rapidement arbitre pour remplir un besoin et laisser sa place à des joueurs qu'il trouve meilleurs - marque de sa qualité comme organisateur et comme personne - son amour réel est pour le jeu. Et c'est à travers du jeu qu'on le redécouvrira.

Après un long intérim pendant lequel il se donne surtout au théâtre communautaire et comme joueur avec la Machine du Madawaska, ancêtre de la Ligue d’improvisation du Madawaska et Alentours, la LIMA, en particulier au Tournoi Richard-Therrien, Stéphane se réintègre au réseau en 2019 comme juge aux Jeux régionaux Madawaska-Victoria, en vue de la Finale des Jeux de l’Acadie; fait partie de la LIMA; et se joint aux Vieilles Ployes pour jouer au Zèbre d’Or, édition 2023, y remportant le prix de la Personnalité la plus sympathique. L’année suivante, son équipe remporte le Zèbre. On retrouve Stéphane comme un joueur enjoué, qui dit toujours oui à tout ce qu'on lui propose. En 2024, il est en lice dans la catégorie Découverte de l’Année au Gala d’improvisation Les Éphémères, ironique pour une personne qui était présente aux débuts du jeu néo-brunswickois. (Texte: Michel Albert. Photo: Josée Robichaud)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Stéphane Bourgoin et le théâtre communautaire
La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

vendredi 20 septembre 2024

Mathieu Lewis

À ses dires, Mathieu Lewis commence sa très longue comparée le 28 juin 1993, et en 2008 devient joueur d’impro pour l’École secondaire Nipisiguit de Bathurst. Presque immédiatement, il est aussi membre de la Ligue d’improvisation Chaleur où il fait plus de 10 ans comme joueur, 7 comme organisateur, et 5 comme président. Il fait deux séjours universitaires à l’Université de Moncton, Campus Moncton, et donc à la Licum et son équipe étoile, un en sortant des études, et l’autre quelques années plus tard. Il sera entraîneur des équipes secondaires de Caraquet et de Bathurst, et donnera des ateliers à travers les Provinces de l'Atlantique. Il jouera aussi divers tournois au Québec et au Nouveau-Brunswick, avec et sans des éléments de la LIC. Plus récemment, il a travaillé à implanter une ligue d’improvisation au niveau primaire pour les jeunes du District scolaire francophone Nord-Est, sert d'entraîneur au niveau primaire (au Domaine étudiant et au Mascaret, et donc aux Jeux de l'Acadie), joue dans la Ligue d'Improvisation olympienne (LIO) et dans la ligue en ligne La Click, participe à la conception de vidéos pédagogiques pour Improvisation Nouveau-Brunswick, et en 2022, crée la Punch-Up, un spectacle d'« improvisation de rue » qui offre des spectacles audacieux mettant en vedette divers vétérans et stars montantes du jeu. Il est aussi un favori des spectacles alternatifs proposés par ImproNB, gravant même son nom à l'illustre ceinture d'ImproMania.

Voilà un c.v. qui, du côté joueur, présente un artiste à toute épreuve, prêt à tout essayer et à s'apprêter à toutes les sauces. Son jeu est drôle, intelligent et confiant. Du côté bâtisseur, on trouve un organisateur capable de prendre la relève de grands projets et de fonder ses propres initiatives, et un entraîneur-formateur généreux. C'est comme si les critères du Temple de la Renommée de l'Improvisation au Nouveau-Brunswick avaient été écrits avec « Big Lew » en tête. (Texte: Michel Albert. Photo: Josée Robichaud)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Mathieu Lewis et l'encadrement d’une ligue
La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

jeudi 16 mai 2024

Eric "Fireball" Doucet

Connu pour sa folie et sa joie de vivre à l'intérieur comme à l'extérieur de l'arène, Eric Mathieu Doucet, dit « Fireball », n'est pas passé inaperçu pendant son passage à la Ligue d'Improvisation du Campus universitaire de Moncton de 1996 à 2001, malgré un séjour très bref dans l'équipe de l'Équipe secondaire Nipisiguit à une seule Gougoune Dorée en '96. À la fois un aimant aux punitions les plus ridicules (pourquoi avait-il des ustensiles plein les poches pendant ce match-là?), et souvent élu le joueur le plus sympathique de la saison, Fireball reste un bel exemple de jeu sans limites, mais respectueux - des autres sinon des règlements. En plus de la Licum, il aura aussi joué un an dans la Ligue universitaire d'Improvisation de Poitiers en France (la Ludi), et une autre à la Ligue d'Improvisation Acadienne (la LIA), aidant son équipe à remporter la Coupe Dr.-Levesque (qu'il ajoute à une Rondelle Sacrée de la Licum parmi ses exploits). Il aura aussi donné de son temps comme entraîneur de l'équipe de l'ESN et comme animateur d'un Spectacle d'Improvisation Modifié.

À la direction générale de la Fédération des Jeunes Francophones du Nouveau-Brunswick, il aura travaillé avec bon nombre d'improvisateur.trice.s, leur donnant souvent leurs premières expériences professionnelles - comprenant bien les capacités que l'on tire d'un background d'impro, une stratégie qu'il attribue à son collègue Paul Ward, parce que Fireball est d'abord et avant tout, une personne humble. Le projet Art sur Roues est né pendant ses années en poste, projet qui allait éventuellement inclure un volet Improvisation, laissant la porte ouverte à d'autres initiatives d'impro organisées par la FJFNB, dont le projet pilote qui a donné naissance à Improvisation NB. Que ce soit à travers son entregent qui a contribué à garder une pleine génération d'improvisateur.trice.s plus tissée-serrée que d'autres, ou par son travail communautaire qui a su faire reluire l'improvisation auprès des jeunes, il aura bien mérité sa place au Temple de la Renommée. (Texte et photo: Michel Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Eric Mathieu Doucet et le chaos
La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

jeudi 12 octobre 2023

Jonathan "Bob" Savoie

« Bob » Savoie commence à jouer de l’impro en 4e année, mais c’est vraiment en 2003 que sa carrière débute quand il joue avec l’équipe de la Polyvalente Roland-Pépin de Campbellton. Dès son premier match, il est clair que Jonathan est né dans ce monde pour jouer de l’impro. Expressif, dominant, physique, il a tout ce qu'il y a de meilleur dans un joueur d’improvisation. Il gagne le Choix du Public à plusieurs reprises, démontrant que ses efforts ont touché les principaux concernés, c'est-à-dire les spectateurs. Ceux présents à un tournoi à Saint Léonard n’oublieront jamais son visage quand le prix lui a été décerné pour la première fois, car le petit gars gêné ne pensait jamais gagner ce prix grandiose et était complètement humble dans ce moment.

Avoir Bob dans son caucus, c'est avoir quelqu'un qui peut te remplir la tête de bonnes idées, et qui peut faire n'importe quoi; il est toujours game et ne refuse jamais. Il trouve toujours moyen de se faire voir ou entendre dans une impro, et on ne peut s’empêcher de le regarder. Son répertoire d’improvisation ne se limite pas seulement à l’humour, car il vient toujours dégager une émotion chez son public. En plus des trois Gougounes Dorées sur sa tablette et une médaille d'argent aux Jeux de la Francophonie Canadienne autour du  cou, il faiut se souvenir que Jonathan a non seulement joué pour l’équipe-étoile de l’Université de Moncton (Campus Moncton), mais aussi l'Imprévue, la Ligue d'Improvisation Olympienne, et la Ligue d'Improvisation Chaleur (souvent pendant les mêmes périodes), en plus d'avoir été officiel dans plusieurs tournois, et entraîneur de l’équipe de Campbellton. Les joueurs sous sa tutelle ont profité de son leadership et de son expertise en impro, et dans les dernières années, il a également donné des ateliers à travers la province.

Comme bâtisseur, il est organisateur du Spectacle pour la Cause, match annuel très couru qui amasse des fonds pour la prévention du suicide, y apportant une capacité inouïe de convaincre d’anciens joueurs de revenir sur scène. En tant qu'une des personnes les plus investies dans le réseau - pour deux mandats aux alentours de cette intronisation, vice-président exécutif d'Impro NB - il voyage souvent de ligue en ligue plusieurs fois par semaine, pour jouer ou donner un show. Em automne 2022 seulement, il était l'homme à tout faire qui ne disait jamais non, en vedette dans 7 différents spectacles de différents formats dans l'espace de 6 semaines. On peut dire que Bob en mange de l’impro et tout le monde qui croise son chemin en profite.

Bob Savoie est sans doute un des meilleurs joueurs d’improvisation que le Nouveau-Brunswick a produit, et dans les 15 dernières années, est devenu beaucoup plus qu’une vedette d’impro. Il est aussi mentor, organisateur, bâtisseur, et un être humain exceptionnel qui se donne à encourager les jeunes adeptes comme les vétérans qui ont perdu confiance - un ami de l'impro et de sa communauté, quoi! En 2024, il remportait l'Éphémère dans la catégorie Meilleure performance dans un événement/spectacle alternatif, soit pour la pièce improvisée Sang Titre 2: Le sang froid. (Texte : Eric Lavoie; photo: Collection Michel Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Jonathan « Bob » Savoie et le concept de la surprise
La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

jeudi 20 octobre 2022

Sébastien Haché

Joueur-étoile de l'École secondaire Nipisiguit, de la Ligue d'Improvisation Chaleur, de la Ligue d'Improvisation du Campus universitaire de Moncton, de l'Imprévue, de la ligue en ligne La Click, et de la Ligue d'Improvisation Restigouche, si Sébastien Haché pouvait vivre d'improvisation et d'eau fraîche, il le ferait.

Il commence sa carrière d’improvisation en 2004, alors qu’il n’était qu’un jeune garçon de 7e année, et participe au premier camp de sélection de la ligue d’improvisation Chaleur où il y sera juge de ligne les deux premières années. En 9e année, il enfile pour la première fois un chandail de joueur avec la ligue d’improvisation de l'ESN avec laquelle il participera à plusieurs Gougounes Dorées jusqu'à la fin de son secondaire. À l’été 2006, il devient également joueur à la LIC et en fait partie depuis ce temps, parfois comme arbitre, mais surtout comme joueur, n'ayant pris qu’un été de congé. Pendant ses études universitaires, il fait également partie de la Licum et se rendra à la Coupe universitaire plusieurs fois. À mesure que d'autres opportunités se présentent, Sébastien fait toujours le plongeon, que ce soit comme bénévole à de nombreux tournois scolaires, joueur au Zèbre d'Or (une victoire), membre fondateur de la Click, ou prenant la route pour jouer avec la LIR, l'Imprévue, la Punch Up, et les spectacles alternatifs proposés par Improvisation NB.

De retour en région Chaleur, Sébastien devient entraîneur de l'équipe de l'école La Croisée de Robertville, et président de la LIC. Il sera d'ailleurs responsable de ramener la fièvre pour le format d'impro-lutte en remettant la ceinture de la World Improv Federation en jeu lors d'un événement spécial de la LIC, et bien sûr en étant le premier à la remporter dans les temps modernes. Il travaille aussi étroitement avec les autres entraîneurs de la région pour promouvoir la passion de l’impro et donner davantage d’opportunités aux jeunes des circuits primaire et secondaire.

Il fait son entrée au Temple de la Renommée, non pas seulement pour son dévouement évident et son esprit rassembleur, mais aussi pour son jeu qui nous fait vivre une gamme d’émotions différentes. Il peut nous faire rire à en perdre la tête et nous faire pleurer à force qu’il nous touche. Il est capable de proposer aux foules des concepts qui sortent de l’ordinaire et pousser les limites de ce qui est attendu de lui, tout en s'adaptant à des publics divers aux quatre coins de la province et ailleurs. Il faut dire qu'il est également très attachant, et ce n'est pas simplement un personnage de scène, c'est tout aussi vrai en dehors de l'arène. Il est toujours prêt à aider la relève et il aime tout le monde. Pour lui, l’improvisation est plus qu’un jeu, c’est une façon de vivre, ce qui fait de lui une excellente source d’inspiration pour tous les jeunes qui veulent s’épanouir. (Texte: Sarah Anne Grandisson. Photo: Isabel Goguen)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Sébastien Haché et le deuil
La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

mercredi 15 juin 2022

Etienne Boivin

Connu à la fois pour son jeu lettré, mais aussi étrangement physique, Etienne Boivin est omniprésent dans le monde de l'improvisation au Nouveau-Brunswick à travers la première décennie des années 2000. Joueur-étoile à l'École Mathieu-Martin et à la Ligue d'Improvisation du Campus universitaire de Moncton, il jouera aussi dans la Ligue d'Improvisation Acadienne et la Chiac. Son long séjour universitaire se termine en 2007, mais cette saison de qualité le lance dans deux projets. Le premier: donner une importante partie de son temps à la Licum en tant qu'arbitre en chef et entraîneur de l'équipe-étoile, des postes qu'il aura d'abord rempli dans le réseau secondaire à l'occasion, soit comme arbitre dans les tournois, soit comme entraîneur de l'équipe de Mathieu-Martin. Dans ce rôle, il amène des équipes-étoiles à la Coupe universitaire jusqu'en 2010. Il avait presque gagné cette Coupe en 2004, mais l'avait passée, à une improvisation près, sur le banc des blessés. Tout de même, c'est le groupe auquel il avait contribué qui a remporté les honneurs cette année-là.

L'autre projet d'envergure qui naît de la saison de 2007 est la troupe d'improvisation exploratoire Les Impromptus, dont Etienne est membre fondateur. Rendu possible en partie par sa passion pour l'improvisation plus littéraire et cultivée, ce projet verra Etienne collaborer à divers spectacles novateurs, dont plusieurs séries de pièces improvisées alors que les Impromptus sont sur la route. Son influence se fait donc encore sentir, soit dans les types de spectacles entrepris aujourd'hui au Nouveau-Brunswick, soit dans les cohortes touchées par son jeu, arbitrage et coaching, mais c'est aussi pour son implacable engagement de longue haleine qu'on le voit aujourd'hui prendre sa place au sein du Temple de la Renommée. (Texte et photo: Michel Albert.)

La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

lundi 24 mai 2021

Guyane Pelletier


Verbo-motrice et experte des catégories de la sorte (en particulier, la chantée), Guyane Pelletier se démarque au niveau secondaire avec l'équipe de la Polyvalente Roland-Pépin de Campbellton, aidant celle-ci à remporter trois Gougounes Dorées sur les quatre auxquelles elle a participé, et une médaille d'argent aux Jeux de la Francophonie Canadienne en 2005. Mais c'est en tant qu'entraîneure de l'équipe de l'École Aux Quatre Vents de Dalhousie (après une année à la PRP dans ce même rôle), dès 2013, qu'elle laissera sa marque la plus indélébile. Sa première année en poste, elle organisera la Gougoune Dorée, ce qui a un impact immédiat, autant au niveau de l'improvisation que du développement culturel et artistique à l'école. En 2016, son équipe remporte la Gougoune Dorée avec un mélange de recrues et de joueurs qu'elle a formés elle-même. L'équipe répète ce succès plusieurs fois par la suite.

Pour Guyane, bâtir une équipe ou un comité, c'est aussi voir à l'avenir. Non seulement amène-t-elle une approche familiale à l'impro, mais elle forme de jeunes entraîneurs qui iront s'impliquer au primaire et mieux intégrer les nouveaux arrivés au secondaire. En effet, la Restigouche est une force en impro à l'échelle des Jeux de l'Acadie en partie grâce à ses efforts. Ses équipes ont une composition inclusive et un sens du jeu qui ne donne pas la vedette outre mesure à quelconque joueur, bien que des vedettes montantes en ont souvent fait partie.

Plus récemment, elle a su briller à titre d'organisatrice. Ancienne représentante des entraîneurs au sein d'Improvisation NB, elle est instigatrice et co-organisatrice du Spectacle pour la Cause, un événement annuel au profit de la prévention du suicide, et est impliquée dans la création et l'organisation de la Ligue d'improvisation Restigouche (la LIR) qui a vu le jour en 2019. Cette ligue lui a d'ailleurs remis un prix de reconnaissance pour sa contribution exceptionnelle au développement et à la diffusion de l’improvisation au Restigouche, prix qui porte désormais son nom. En 2024, elle reçoit deux Prix Éphémere pour son travail dans la région. (Texte: Donald Audet, Vincent Leclair et Michel M. Albert; Photo de graduation)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Guyane Pelletier et le travail d’équipe
La cérémonie de son intronisation est disponible sur YouTube.

samedi 19 octobre 2019

Manon Lacelle

Organisatrice et joueuse-étoile à la Ligue d'Improvisation de la Péninsule Acadienne (LIPA) dans les années '80 où elle a participé au recrutement de futures vedettes comme Robert Gauvin et Marc Degrâce, Manon Lacelle faisait partie de cette première gang au Nouveau-Brunswick qui a voulu imiter la LNI et invité Robert Gravel et ses collègues en Acadie pour lui enseigner les bases du jeu. Après plusieurs années de jeu où elle remportait, plus souvent qu'à son tour, les premières étoiles, elle se tourne vers l'arbitrage pour renforcer ce poste dans la région et suit une formation avec Yvan Ponton pour s'y préparer. À cette époque, les joueurs et officiels se rencontraient de façon hebdomadaire pour pratiquer ou jouer, l'entrain était très fort.

Une des choses que Manon amène à son arbitrage, c'est de donner des rôles d'adjoints à des jeunes qui avaient décroché de l'école afin de les valoriser et de les encourager à avancer dans la vie. Elle arbitre à la toute première CUI en 1987, où elle doit mettre son pied à terre et défendre l'Acadie quand elle apprend que l'équipe de Shippagan serait sanctionnée si elle utilisait ses accents. Sans montrer d'émotion, elle leur donne quelques minutes pour annuler le tournoi, vu que tout le monde, de chaque équipe, a un accent. Tout un geste politique! Appréciée du public québécois, on lui offre même la finale.

Par la suite, Manon se voit souvent dans le rôle de formatrice, donnant des conseils et des ateliers aux vétérans comme aux recrues, universitaires comme secondaires, à travers les années 90, et ce, dans plusieurs coins de la province. Aujourd'hui auteure-compositeure-interprète, conteuse et illustratrice, habitant les Îles-de-la-Madeleine, la distance n'a tout de même pas effacé le respect avec lequel les premières générations d'improvisateurs du Nouveau-Brunswick parlent d'elle. (Texte: Michel Albert; photo: Isabelle Dumas)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Manon Lacelle et l’importance de participer à des tournois

samedi 30 mars 2019

Justin Guitard

Si Justin Guitard se retrouve au Temple de la Renommée, c'est parce qu'il est un exemple de dévouement et de persévérance à tous les niveaux. Comme joueur, il débute sa carrière en 2005 à l’École Secondaire Nipisiguit de Bathurst où il est un joueur atypique dans on équipe, un plombier parmi surtout des puncheurs. Par la suite, il fera partie de la LIEU à l’Université d’Ottawa, de la Ligue d’Improvisation Chaleur, et de la Ligue d’improvisation du Campus universitaire de Moncton, l’équipe-étoile de laquelle il fera partie à la CUI 2010 à Moncton (il s'en tirera finaliste), sans compter son rôle de leadership au sein de l'équipe des Grosses Caves au Zèbre d'Or. Subséquemment un favori des matchs-étoiles, Justin est, comme joueur, infatigable. Pour lui, donner moins que 100% de son énergie au dur labeur de divertir une foule, c'est impossible. Cela se traduit à des apparitions dans des vidéos promotionnelles de la Licum, où il n'a jamais peur du ridicule. Ce serait donner moins que son 100% que de montrer la plus mince des hontes.

Vers la fin de son séjour universitaire, il deviendra entraîneur de l’équipe de l’école secondaire l’Odyssée à Moncton, poste qu’il occupe depuis près d'une vingtaine d'années, qu’il amènera à remporter plusieurs Gougounes Dorées, et à une apparition aux Jeux de la Francophonie Canadienne. Il innove au sein de l'école en créant une classe foyer d'improvisation afin de développer le talent d'improvisation de L'Odyssée. On peut dire qu'il ne s'échappe pratiquement jamais de son comité d'impro. Dans le cadre de ce travail, il organisera plusieurs saisons de la Ligue d'Improvisation Secondaire du Sud-Est, en plus du volet d'improvisation à l'échelle régionale des Jeux de l'Acadie dans le Sud-Est. Ceci l'amènera à fonder la Ligue d'Improvisation Olympienne (la LIO) où ses élèves du présent et du passé - puis d'autres membres de la communauté d'impro - peuvent jouer dans des format de matchs alternatifs. Son rôle d'arbitre dans cette ligue lui a valu l'Éphémère dans la catégorie Officiel.lle de l'année en 2024.

À titre de premier Représentant des Entraîneurs d'Improvisation Nouveau-Brunswick, il a œuvré au remaniement complet des règlements et du système de divisions utilisé dans nos tournois. S'il pouvait embouteiller cette passion qui lui permet d'en faire autant, il ferait une fortune. Vu que c'est impossible, nous lui offrons au lieu cette place bien méritée dans le Temple de la Renommée de l'Improvisation au Nouveau-Brunswick. (Texte : Michel Albert; photo : Josée Robichaud)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Justin Guitard et la relation que l’on doit entretenir avec le public

samedi 20 octobre 2018

Mark Doiron

Mark Doiron commence son trajet d'improvisation à Shédiac, membre de l'équipe-étoile de la Polyvalente Louis-J.-Robichaud, la première à se qualifier pour le Championnat provincial, tournoi auquel elle se rend, cette année-là, en demi-finale. À l'Université de Moncton, il sera joueur-étoile au mi des années 2000, apprécié autant ici que dans les rencontres interprovinciales et ce, malgré le fait que nos amis québécois ne saisissaient pas toujours le caractère acadien de son langage. Mais vous voyez, Mark a cette façon de jouer qui transcende la parole. Il est un de nos plus grands exemples de sympathie pure. Sa bonne humeur, son attitude positive, son rire infectieux, sa vulnérabilité innée, sa joie de vivre, tout ça fait en sorte qu'il est non seulement apprécié, mais adoré, de collègues comme de publics. À chaque fois qu'il revient jouer sur nos planches, comme au Zèbre d'Or et au Match des Anciens, on réalise combien il nous manque. Mark a aussi été entraîneur de l'équipe de LJR pendant un certain temps, et est un des co-fondateurs de la Chiac, une regrettée ligue civile à Moncton qui n'a pas survécu son départ du Nouveau-Brunswick, mais qui reste dans nos souvenirs les plus précieux. Tout comme ses performances énergiques et charmantes, d'ailleurs. Bâtisseur, entraîneur, joueur hors pair, ambassadeur pour l’Acadie, mais aussi, bel exemple d’esprit sportif. (Texte et photo: Michel Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Mark Doiron et le respect

samedi 14 avril 2018

Nathalie Goguen

Nathalie Goguen commence à jouer de l’impro à la Polyvalente Mathieu-Martin de Dieppe en 2006, membre de son équipe-étoile à deux occasions. Puis après le secondaire, elle joue une saison dans la ligue civile la Chiac, et à l'université, se range du côté des officiels et bénévoles, d’abord comme photographe, puis comme responsable de la musique, et enfin comme coordonnatrice de la Ligue d’improvisation du Campus universitaire de Moncton, la Licum. Mais c’est vraiment comme DJ qu’elle elle la mieux connue, ayant joué ce rôle à un nombre incalculable d’événements d’impro aux niveaux primaire, secondaire, universitaire et civil depuis une plus d'une décennie. Elle a perfectionné ce rôle comme personne d’autre ne l’a fait avant et est maintenant et dorénavant la référence quand ça vient à ce poste de soutien. Impros à part, ça vaut la peine de voir un match auquel elle fait tourner les platines (façon de parler), pour les liens qu’elle crée entre l’impro jouée et les chansons qui suivent. Elle ajoute un niveau de plus à chaque spectacle.

De plus, D-D-D-D-D-DJ Nath fait régulièrement une bonne part du travail logistique des tournois organisés par Improvisation Nouveau-Brunswick (horaires, etc.) et fut la première Vice-présidente interne de l’organisme, en charge de développer son côté formations et ateliers. Aux tournois, ses tâches font en sorte qu’elle est parmi ceux et celles qui ont le moins de pauses – ne l’approchez pas en mi-après-midi sans nourriture à lui offrir! – mais trouve quand même le temps de donner des conseils à ceux qui en ont besoin. C’est grâce à cette générosité d’esprit et ce dévouement hors pair, autant que pour son expertise dans un poste souvent sous-estimé, que nous avons le plaisir d’introniser Nathalie Goguen – DJ Nath! – au Temple de la Renommée de l’improvisation! (Texte : Miche Albert; Photo : Josée Robichaud)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Nathalie Goguen, musique et musicalité

samedi 1 avril 2017

Martin Léger

De ses débuts à la Polyvalente Louis-J.-Robichaud de Shédiac, en passant par la Chiac et la Ligue d'improvisation du Campus universitaire de Moncton, la Licum, l'histoire de Marty Léger allait en être une de persévérance. C'est l'histoire d'un fonceur qui survit à une multitude de revers, souvent en prenant les choses à la léger (calembour!) avec bonne humeur, mais en revenant à la charge. Il est donc un joueur accompli, qui s'est construit lui-même en se donnant des objectifs, quelqu'un qui a dû y travailler pour arriver à son succès. De juge de ligne à joueur à capitaine à joueur étoile, Marty a grimpé les échelons un à la fois. Et avant que vous ne pensiez que c'est un bien faible compliment que nous lui faisons, sachez combien Improvisation NB a de respect pour un tel trajet. Tout le monde a une leçon à apprendre de joueurs comme lui, et pas seulement parce qu'il est parmi nos plus drôles.

Mais si on dit qu'il s'est bâti comme joueur, c'est aussi à titre de bâtisseur du réseau d'impro que l'on veut le célébrer. Après s'être converti en arbitre apprécié sur les scènes des écoles du secondaire et à l'universitaire, Marty passe plusieurs années comme entraîneur de l'équipe de Mathieu-Martin à Dieppe, où il bâtit un club solide à partir de débutants qui, en 2015, connaissent une fiche parfaite - Tournoi de qualification, Gougoune Dorée, et finale de la LISSE (ligue dont Marty s'est d'ailleurs occupé plus qu'à son tour). Son style d'entraîneur est souvent utilisé en exemple pour son focus sur le développement et l'indépendance du joueur, un exemple à suivre, car il mène à des joueurs autonomes qui s'adaptent bien aux défis qui les attendent dans les ligues universitaires et civiles.

Avec, sous sa ceinture, à peu près tous les prix qui se gagnent et tous les rôles qui se jouent en impro, Marty se réintègre ensuite à l'équipe des officiels, et continue à jouer au Zèbre d'Or et dans des spectacles d'improvisation alternative, comme le spectacle "Le Jeu de la vie : Destins improvisés" qui fut créé basé sur une de ses idées, et qui remporte l'Éphémère pour le Meilleur événement/spectacle alternatif de l’année en 2024. (Photo : Nathalie Goguen)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Martin Léger et ses théories sur l’humour

vendredi 6 mai 2016

Eric "Boum" Morneault

Un des joueurs les plus remarqués de son époque, et donc un des plus influents, Boum Morneault commence sa carrière en 1990 à la Cité-des-Jeunes A.M.-Sormany et dès la 10e année, est médaillé le plus utile de son équipe, une équipe qu'il aide à gagner la Gougoune Dorée trois ans de suite. La légende vérifiée veut, qu'une fois, sur un match du midi, un arbitre trop zélé l'avait expulsé en début de partie, et les quelque 200 spectateurs sont sortis. Au niveau universitaire, il se joint immédiatement à l'équipe-étoile de l'Université de Moncton - Campus Moncton - se rend chaque fois en finale de la Coupe universitaire d'improvisation avec celle-ci, et se voit même nommé Choix du Public à la CUI Laval 1994. Il racle évidemment tous les gros prix personnels à la Licum pendant ses années.

Qu'est-ce qui faisait sa popularité? Un jeu physique, intense, très drôle, un faiseur de faces tel un Jim Carey brayon, et une énergie qui attirait l'attention par force de personnalité. C'est un jeu qui fonctionnait bien autant ici qu'au Québec, qui attirait les foules et faisait la promotion de notre jeu, et qui a su créer des disciples comme Réjean Claveau, un autre Templier, qui ont à leur tour, propagé le perfectionnement du jeu physique pendant longtemps dans le réseau néo-brunswickois.

En tant que coordonnateur de la Licum, son charisme naturel a aussi été une force de recrutement. Sous sa gouvernance, cette ligue est passée de trois à quatre équipes, un format qu'elle a plus ou moins gardé pour la prochaine décennie. On dirait que les gens à qui il a donné des opportunités cette année-là ont tendance à éventuellement se retrouver au Temple de la Renommée - en plus de Claveau, on pourrait nommer Bass Levesque et Michael Plourde. Plus tard, il deviendra le premier Néo-Brunswickois à être accepté à l'École nationale de l'Humour, un membre fondateur de la Ligue d'improvisation du Madawaska (la LIMA), un participant aux tournois Richard-Therrien, et un invité spécial à la Ligue d'Improvisation Acadienne, entre autres, prouvant ponctuellement qu'il n'a jamais perdu le je-ne-sais-quoi magique qui a toujours marqué son jeu.

Et dire qu'au tout début, il ne voulait rien savoir de l'impro et qu'il ne s'est essayé que sous pression... (Texte et photo : Michel Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Éric « Boum » Morneault et le concept de l’énergie

lundi 11 janvier 2016

Emili Bellefleur

Emili Bellefleur est une de ces improvisatrices qui, en base âge, s'intéresse au développement de l'improvisation dans son ampleur provinciale, de ses timides débuts comme substitut de l'équipe de la Cité-des-Jeunes A.M. Sormany à Edmundston à la fin des années 90s, participant à des premiers échanges intraprovinciaux via Internet et devenant éventuellement capitaine d'une équipe qui remporte la Gougoune (2001), jusqu'à après son départ du Nouveau-Brunswick quand elle devient ambassadrice de nos valeurs en arbitrant pour un certain temps au Manitoba, terminant son séjour là en 2012 comme Joueuse de l'année. Entre les deux extrémités de cette carrière, elle joue à divers endroits comme aux Jeux de la Francophonie Canadienne, au Mondial Junior de Val-Cartier (avec la RINO), aux Fêtes de la Nouvelle France (pour le Manitoba), et à la Ligue d'improvisation du Centre universitaire de Moncton (Licum) pour plusieurs années, atteignant le rôle de capitaine et de membre de son équipe-étoile, avant de devenir une des arbitres les plus mémorables de la ligue, exportant son style à divers tournois comme la Gougoune, l'Invitationel Richard-Therrien (où elle a aussi joué comme membre de la mythique LISA) et  la Coupe universitaire. Elle terminera sa carrière en Acadie à la Ligue d'Improvisation Acadienne.

En tant que joueuse, on la reconnaît comme une des premières, ou du moins des plus influentes, à rejeter la notion qu'une joueuse doive nécessairement jouer des rôles typiquement féminins, ou dans un style que la vieille garde reconnaissait comme féminin. Cette veine « féministe » deviendra infectieuse alors que plusieurs autres joueuses de son temps - dont Annik Landry, Elyse Hamel et Carolynn McNally, des femmes qui deviendront toutes aussi influentes sur l'impro néo-brunswickoise dans les années suivantes - racontent aujourd'hui avoir été inspirées par elle à briser les barrières d'un conventionnel désuet. Comme arbitre, elle fera sa réputation rapidement, son arbitrage corsé lui accordant le surnom de « Queen of Mean » ou « Reine de la Haine » dès son premier tournoi. Les joueurs allaient vite apprendre à redouter, mais surtout respecter, les banderoles rouges en paillettes.

Une petite mention doit aussi aller à France, sa mère, qui, peut-être portée par l'engouement de sa fille, a prêté appui à la gang d'impro plus d'une fois, offrant sa maison comme « bed & breakfast » et ses habiletés de couturières aux besoins de la cause. L'impro, c'est familial! (Photo et texte : Michel M. Albert.)

lundi 23 mars 2015

Isabel Goguen

Parfois, on reçoit l'honneur d'être intronisé au Temple longtemps après la fin de sa carrière. Dans d'autres cas, il semble peu probable que la personne ne prenne sa retraite dans un avenir envisageable, mais elle en a trop fait déjà pour continuer à ignorer sa contribution. Tel est le cas pour Isabel Goguen.

Depuis plus de 20 ans, elle s'affaire en tant que joueuse, officielle ou entraîneure dans une variété de ligues et projets d'impro. Elle commence sa carrière d'impro au secondaire avec l'équipe de la Polyvalente Mathieu-Martin avant de s'embarquer dans un long séjour universitaire où elle remplit les rôles, en alternance, de joueuse et d'arbitre en chef à la Licum, faisant deux fois partie de l'équipe-étoile de l'Université de Moncton - la seconde fois (2010) en tant que capitaine - et arbitrant à la Coupe universitaire d'improvisation. Coordonnatrice de la Licum de 2007 à 2009, elle deviendra l'entraîneure de l'équipe-étoile après ses études (2010). À l'extérieur de la Licum, elle fera aussi partie de l'équipe logistique du groupe d'improvisation exploratoire Les Impromptus, jouera dans la Chiac, et deviendra la première femme à arbitrer à la Ligue d'improvisation Chaleur. Comme joueuse, elle trouve sa vitesse relativement tard dans la vie, remportant deux Zèbres d'Or à la barre de l'équipe Choix Esthétique (en 2022 et 2023).

Toujours présente sur la scène universitaire et postuniversitaire, c'est néanmoins ses efforts dans le réseau des écoles secondaires qui ont fait d'elle une sommité en improvisation. Par l'entremise, tout d'abord, de son travail à la Fédération des Jeunes Francophones du Nouveau-Brunswick jusqu'à 2013, puis par dévouement personnel, elle fait preuve d'un bénévolat qu'on ne peut décrire autrement que d'intense, et se rend responsable d'organiser et de crédibiliser le réseau secondaire, d'organiser les tournois provinciaux, de former joueurs et officiels, de développer l'improvisation dans des écoles où un comité tardait à naître, tout en gardant un œil sur les ligues jeunesse comme la LISSE et la LISPA, de proche ou de loin, toujours libre de ses conseils, toujours mettant l'éthique et l'équité au premier plan dans ses décisions et suggestions. Et il s'agit là d'un travail continu, pour lequel elle ne cesse de faire des sacrifices personnels, un travail qui allait mener à la création officielle d'Improvisation Nouveau-Brunswick, dont elle est encore directrice générale.

Sous son leadership, Improvisation NB servira en bout du compte les improvisateurs de tous les âges et niveaux. La création et le maintien d'un site Internet et d'une stratégie de médias sociaux, avec du nouveau contenu chaque semaine, et la promotion d'événements d'impro dans la province, donne à notre jeu une visibilité accrue, tout en mettant des outils disponibles aux improvisateurs et organisateurs qui veulent perfectionner leur spectacle, ou même tout simplement en démarrer un. Elle continue de donner des formations et présentations sur l'impro, entre autres aux intervenants des écoles intermédiaires qui devront participer au nouveau volet d'impro des Jeux d'Acadie. Et chez les plus vieux, on peut la créditer avec la création d'un tournoi d'improvisation adulte, le Zèbre d'Or (dès 2014) et de la mise sur pied d'une ligue en ligne, la Click, pendant la pandémie. Elle coordonne bon nombre de projets, allant de tournées provinciales à spectacles d'improvisation alternative, participant à certains comme la série de pièces improvisées "Sang Titre"; le spectacle intitulé "Le Jeu de la vie : Destins improvisés" dont elle fait partie remporte l'Éphémère dans la catégorie Meilleur événement/spectacle alternatif de l’année en 2024.

Si l'improvisation semble prendre le l'ampleur dans la province, surtout chez les jeunes, nous n'avons pas besoin de chercher très loin. Son souci pour la création d'une relève, pour les détails dans l'organisation d'activités, pour l'importance de partager les expertises, sa foi dans une structure stable pour l'improvisation... tout ça font d'elle une ressource indispensable pour l'impro néo-brunswickoise, pour ne pas parler de l'influence qu'ont ses efforts sur le reste de la francophonie canadienne et d'ailleurs! (Texte : Michel Albert. Photo : Josée Robichaud.)

lundi 17 mars 2014

Annik Landry

Quand on parle de combiner performance sur la glace et organisation d'arrière-scène, la p'tite fille (mais grande joueuse) de Riceville NB fait l'envie de tous. Du départ, impliquée dans l'organisation de tournois à la Cité-des-Jeunes A.M.-Sormany et bénévole et officielle à la CUI 2002 à Edmundston, elle restera hautement engagée au niveau organisationnel dans la LILOMA (à l'Université de Moncton - Campus Edmundston) et dans la Licum (UdeM - Campus Moncton). Comme coordonnatrice de cette dernière ligue en 2006, elle voit au premier changement de salle depuis 1997 quand la Licum déménage de l'Osmose à la Salle multi du Centre étudiant (maintenant Le Coude) et à divers changements importants dans la structure des spectacles Licumiens sous l'étiquette « Phase 2 » et dans le cadre du 20e anniversaire de la ligue. « Licum Phase 2 » remportera le prix de l'Initiative de l'année à l'Université de Moncton. Suite à son départ de la scène universitaire, elle devient membre fondatrice du groupe d'improvisation exploratoire Les Impromptus, et son gestionnaire. Sous son leadership, le groupe fait plusieurs tournées de spectacles et d'ateliers à travers la province, dans le but de pousser les limites du jeu et d'augmenter sa visibilité comme forme d'expression sérieuse.

Normalement, pour les bâtisseurs, le jeu prend deuxième place. Pas pour Annik. Son parcours de joueuse est rempli de succès. Elle aide la CDJ à gagner la Gougoune Dorée deux fois, en 2001 et 2002, les premières équipes d'Edmundston à réussir cet exploit depuis la fin de leur « streak » de '90 à '96. Cette dernière victoire envoie son équipe (avec des éléments des autres équipes du Nord-Ouest) à la 2e édition des Jeux de la Francophonie canadienne où elle remporte la médaille d'or. Elle participe à cinq Coupes universitaires, la première avec la LILOMA, les autres avec la Licum, et inscrit son nom sur la Coupe en 2004. Il y a même une Rondelle Sacrée et un Richard-Therrien là-dedans quelque part. Avec l'équipe des Impromptus, elle remportera trois Zèbres d'Or. Elle sera aussi une des joueuses importantes de la Click, la ligue en ligne instaurée pendant la pandémie.

Annik Landry est, en effet, une de nos plus grandes « actrices » en impro, capable de se perdre dans ses rôles si bien qu'on peut avoir le sentiment, en jouant avec elle, qu'on parle au personnage, qu'Annik est disparue et que, uh-oh, ça pourrait aller n'importe où. Par rapport à Annik, tout le monde est décroché. Dans son travail avec les Impromptus, elle a démontré maintes et maintes fois combien elle n'avait pas froid aux yeux, à travers sa capacité de jouer des improvisations de très longue haleine sans jamais perdre l'intérêt de son public. Et elle fait partie de cette vague de joueuses qui ont toujours refusé de se laisser mettre dans la boîte du personnage uniquement féminin - vous savez, cette tendance qu'ont certains joueurs de ne donner que des rôles de blondes ou de mères aux improvisatrices - créant des personnages des deux sexes sans effort, et se donnant la pleine gamme d'options pendant un spectacle. Nous voyons à son entrée au Temple de la Renommée les résultats de cette vague, alors qu'une Licum majoritairement composée de femmes l'applaudit. (Photo et texte :  Michel M. Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Annik Landry sur l'impro et théâtre

lundi 18 novembre 2013

Rémi Goupil

La réputation de Rémi Goupil n'est plus à faire. Joueur dans diverses ligues et équipes depuis la toute fin des années 90s, dont celle de l'École Marie-Esther au secondaire, la Licum à l'universitaire, et la LIC du côté civil, Rémi a apporté à chacune une bonhomie sympathique souvent récompensée par ses pairs, et un leadership axé sur le bon jeu. Il termine plus ou moins sa carrière d'impro avec deux victoires au Zèbre d'Or sous sa ceinture. C'est une attitude qu'il apporte avec lui à l'arrière-scène, où il a contribué fortement à l'essor de l'improvisation dans la Péninsule acadienne. Après ses études, et en tant qu'agent culturel, il y a pris les rênes de l'équipe de la Polyvalente Louis-Mailloux comme entraîneur - donc responsable de joueurs appréciés comme Marc et Ann Marie Bernier - tout en aidant à la création et au bon maintien d'équipes aux écoles secondaires de Shippagan, de Tracadie-Sheila et de Néguac. Sa présence dans la Péninsule marque, en fait, la première fois depuis longtemps (sinon la seule fois) que les quatre polyvalentes péninsulaires ont chacune une équipe. Pour aider sa région à s'épanouir, il assure un roulement d'ateliers et de spectacles d'improvisation dans ces écoles, et prend en main la 20e Gougoune Dorée, où il instaure la pratique d'inviter des joueurs des équipes qui n'y se sont pas qualifiées pour leur offrir des ateliers et leur donner le coup de pouce nécessaire à revenir plus fort l'année suivante.

En tant que directeur général de la Fédération des Jeunes Francophones du Nouveau-Brunswick, il relève le défi de donner à l'improvisation secondaire une structure plus professionnelle et une légitimité accrue, employant plusieurs improvisateurs pour créer le squelette d'une association qu'on appellera Improvisation NB. Bien que sous l'égide de la FJFNB pendant une courte période seulement, le circuit secondaire profite pendant ce temps d'ateliers, colloques et promotion qui auront nourri les jeunes improvisateurs, fait développer l'improvisation dans des coins encore arides de la province, et augmenté la visibilité et crédibilité de notre activité. En tant que responsable des activités socio-culturelles de l'Université de Moncton - Campus Moncton, il garde encore l'improvisation dans son coeur et facilite la production de spectacles - universitaires et autres - dans les espaces du campus.

L'impact sur l'impro de son duo musical atroce, les Pastels Arc-en-Ciel (avec co-Templier Sylvain Ward), n'a pas encore été identifié. (Texte et photo : Michel Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Rémi Goupil et le leadership

mardi 2 juillet 2013

Alain "Big Al" Degrâce

L’année 2013 marquait le 10e anniversaire de la Ligue d’Improvisation Chaleur (LIC), une ligue estivale devenue une incontournable de la scène de l’improvisation néo-brunswickoise. Rien n'aurait pu être donc plus approprié que de rendre hommage à son fondateur durant le 10e été de son existence. La LIC fête maintenant son 20e, solidifiant sa place au Temple.

Natif de Bathurst, Alain Degrâce commence son parcours d’improvisation dans le réseau secondaire alors qu’il fréquente l’École Secondaire Nepisiguit. Son parcours à l’Université de Moncton en administration lui permet de devenir membre et joueur de la Licum de 1997 à 2002 (où il sert de coordonnateur pour une saison, et fait faire une ceinture pour les événements « pay-per-view » de la ligue) avant d’être recruté par la LIEU (Université d’Ottawa) en 2005-06 (il deviendra plus tard joueur, arbitre et entrâineur à l'Université du Québec à Rimouski). Mais c’est lorsqu’il revient dans sa terre natale en 2004 qu’il fonde la LIC. C’est grâce à sa vision, son courage, un nombre d’heures incalculable, sa persévérance, et son dévouement que plusieurs jeunes de la région du nord-est du Nouveau-Brunswick ont pu commencer, aimer et pratiquer le jeu d’improvisation.

Si nous pourrions résumer Alain Degrâce en un seul mot, ce serait définitivement le mot « passion ». Cet homme est intensément dévoué à son sport, tellement qu’il aura longtemps passé toutes ses fins de semaine à faire quelque chose relié à l’impro, souvent à son propre compte, et parfois à son détriment. On le reconnaît pour son chapeau noir qui, au cours des années, a chapeauté un polymorphe : joueur, arbitre, entraîneur, spectateur, et organisateur. Il est et sera toujours un étudiant éternel du jeu de l’improvisation, un amoureux et intense défenseur du style Gravelien, un arbitre coloré et convoité par les ligues et tournois amateurs et secondaires de la province du Québec, et auteur d’un mouvement pour la standardisation des règlements de la CUI. La pandémie ne l'arrête pas non plus, car il se joint rapidement à la ligue en ligne, la Click, participant à deux de ses équipes. Il a encore aujourd'hui les pieds dans la Ligue d’Improvisation Chaleur. (Texte : Philippe St-Onge et Éric Lavoie; Photo: Michel M. Albert)

Catégorie Libre, le podcast d'Improvisation NB, présente : Alain Degrâce et la standardisation des règlements

lundi 18 mars 2013

Sylvain Ward

Un des meilleurs joueurs de sa génération, Sylvain Ward s'est donné à l'improvisation, non pas pour gagner des prix ou des matchs, mais bel et bien pour l'amour du spectacle, les limites duquel il a su pousser autant au niveau universitaire qu'après, donnant deuxième vie à sa carrière d'impro à travers des formation offertes à la prochaine génération, et dans la troupe d'improvisation exploratoire Les Impromptus.

Dès ses débuts à la Polyvalente Marie-Esther, Sylvain se démarque avec un jeu déjà solide surtout grâce à sa force première, la création de personnages. Il était capable de charmer le public très rapidement avec son évident talent de comédien. À son arrivée à la Licum en septembre 2002, Sylvain capte vite l'attention de tous et devient un favori des spectateurs. Il accède à l'équipe-étoile de l'Université de Moncton dès sa deuxième année et grave son nom sur la CUI en tant que substitut. Mais comme cela arrive souvent, un joueur méritera sa CUI plus tard dans sa carrière universitaire. Son entrée en art dramatique propulse son jeu vers de nouveaux sommets. Chaque année, on lui demande de représenter l'Université de Moncton à la Coupe universitaire et son jeu reste en constante évolution. Il deviendra un des meilleurs joueurs du Nouveau-Brunswick, en mariant les outils du comédien à ceux de l'improvisateur-né.

Quand la Licum passe à ce qu'elle appelle "Phase 2", Sylvain est parmi les joueurs finissants qui poussent les limites de ce qui peut se faire en impro en matière de ton et d'audace. Un des fondateurs des Impromptus après ses études, il amène au groupe ses personnages vrais et cocasses, un élément musical qui change le champ sonore de l'improvisation au N.-B., et se retrouve souvent en charge des mises en scène et de la scénographie des spectacles. Son amour pour l'improvisation l'apporte à donner des ateliers dans toutes les écoles secondaires de la province - soit à travers les Impromptus ou la FJFNB - où il sert de modèle à plusieurs. C'est lui qui développe le concept de "La Table", une occasion pour les jeunes d'approfondir leur vocabulaire d'impro avec des vétérans et experts lors de tournois, expérience qui a bénéficié à plusieurs équipes dans ses années actives. Par son refus de s'asseoir sur ses lauriers et son don de toujours pousser le jeu dans différents sens, Sylvain sera toujours reconnu comme un joueur ayant son public à coeur et ce public le reconnaîtra comme un des grands. (Texte: Rémi Goupil avec Michel Albert. Photo: Isabel Goguen)

lundi 26 novembre 2012

Richard Therrien

Le Temple offre pour la première fois un honneur posthume en la personne de Richard Therrien, grand facilitateur d'improvisation à l'Université de Moncton Campus d'Edmundston.

C'est en 1985 que M. Therrien, alors directeur des activités socioculturelles du Centre universitaire Saint-Louis-Maillet (maintenant l'UMCE), accepte l'offre de Ghislain Taschereau de la LI2FUM (maintenant la LICUM) de donner un atelier d'improvisation aux joueurs d'Edmundston. C'est à la suite de cet atelier que les participants, dont deux membres actuels du Temple, Michel Hédou et Michel McSween, forment la Ligue d'Improvisation LOuis-MAillet (LILOMA). C'est Richard qui a, par la suite, fait toutes les démarches nécessaires non seulement pour former la LILOMA, mais aussi pour s'assurer que les membres de la nouvelle ligue participent à la toute première Coupe Universitaire d'Improvisation à Trois-Rivières en 1987, où il leur sert d'entraîneur, leur premier.

Déjà une force culturelle dans la communauté du Madawaska à travers sa première passion, la troupe folklorique des Danseurs de la Vallée St-Jean, il aurait pu s'en tenir à se concentrer sur cette activité seule. Mais son amour pour l'improvisation aura fait en sorte que les équipes auraient rarement besoin de faire des campagnes de financement pour aller aux tournois, une partie de son budget toujours réservée à ce comité. Plus d'une fois, il aura suivi l'équipe à la CUI pour donner son appui, ou même pour participer en tant que juge (pendant la période où un tel poste était requis), toujours avec intelligence et intégrité.

Son décès dans un accident de route en septembre 2002 a créé un grand vide à l'UMCE, un vide qui n'a jamais été rempli. Par manque d'appui socioculturel, la LILOMA qu'il a aidé à fonder a cessé d'exister en 2005. Afin de l'honorer, un tournoi amical portant son nom a été tenu entre 2003 et 2005, au profit d'un fonds de bourse qu'il avait créé en honneur de ses parents.

M. Therrien aurait pu ignorer ou négliger l'offre de Ghislain Taschereau, mais grâce à son souci pour le développement culturel dans sa région, la LILOMA a pu connaître de belles années entre 1985 et 2005. S'il avait dit non, il est possible de croire que les Michels Hédou, McSween et Albert, les Daniel Carrier, Philippe St-Onge et Marc Lebouthillier de ce monde - pour ne nommer que des Templiers - n'auraient pas commencé ou continuer leur cheminement en improvisation. Prenons un moment pour se souvenir du pionnier qui nous a donné toute une branche de notre famille d'improvisation. (Texte : Michael Plourde avec Michel Albert. Photo : Société historique du Madawaska)